| Les Punu (ou Pounou, Ipounou,
Ipunu, Yipunu, Pouno, Puno, Yipounou) , au nombre
de cent vingt mille, migrèrent vers le sud du
Gabon (dans le bassin de la Ngounié) au XVIII°. Ils
appartiennent à un groupe de tribus connu sous
le nom de Shira qui faisait autrefois partie du
royaume de Luango en Angola. Ils vivent dans des
villages indépendants divisés en clans et en
familles. La cohésion sociale est assurée par
la société Moukouji, dont le rôle essentiel
est de subjuguer les esprits malfaisants de la
forêt. Masque de la société Okuyi:
De manière générale, ce sont les peuples
Punu, Lumbo, Eshira et plus à l'est les Sango,
mais aussi les Myene, plus au Nord, les peuples
des lagunes de l'Ogooué maritime, les peuples
Apindji, Simba et Tsogho, qui fabriquaient ces
masques dans le cadre de cérémonies
funéraires. Ces masques blancs, bien
caractéristiques, représenteraient les figures
féminines d'esprits de défunts.
Reconnaissables à leur coiffure à coques
reproduisant des nattes noires, à leurs yeux
plissés, arqués comme la ligne des sourcils,
leurs lèvres rouges ourlées, à leur face douce
et blanchie au kaolin marquée par des
scarifications disposés en losange de neuf
points qui représentent leur cosmogonie et
évoquent la notion de perfection et de sagesse.
Le point central est le principe créateur (Dieu)
qui a donné naissance aux quatre points
cardinaux (le monde) ainsi qu'aux deux couples
primordiaux (les humains). Ce signe distinctif,
nommé Mabinda, était gravé dans la chair des
enfants, vers l'âge de dix à quatorze ans.
C'est en 1865 que l'explorateur Paul du
Chaillu, parcourant la région Punu, rencontra ce
type de masques et assista aux rites de
sociétés Mukuyi (ou Okuyi). Lors de ces
mascarades, les danseurs s'exécutaient, montés
sur de hautes échasses et réalisaient de
réelles figures acrobatiques. De nos jours,
celles-ci demeurent dans le cadre de
réjouissances.
Les masques noirs sont quant à eux ceux des
sociétés judiciaires ou policières. Chargées
de maintenir l'ordre, mais aussi suspectées de
semer la terreur, ces sociétés comme les
puissantes sociétés Ngil Fang, furent
rapidement interdites par les autorités
coloniales. Ils reprennent la forme des masques
blancs
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