GABON


 

KOTA

Ils sont installés à l’Est du Gabon (environ 80.000 personnes) et couvre environ le quart de la superficie du pays. Ils débordent de façon importante sur le voisin Congo Brazza.

A l’instar de leurs voisins Fang, les Kota pratiquaient le culte de la conservation de reliques des ancêtres des lignées importantes dans des paniers surmontés de sculptures bien spécifiques jouant en quelque sorte le rôle de gardiens. En la présence exclusive d’initiés, les grandes décisions du clan, du lignage, étaient prises au cours de cérémonies où les reliquaires étaient sortis. Selon les endroits, on les appelait Bwété, Mbulu-Ngulu ou bien Mboy (chez les Obamba). Par ce rituel, les ancêtres participaient toujours à l’existence des vivants. Pendant la première moitié du XX°, l’action de l’administration française et des missionnaires chrétiens contribua à l’éradication de ce culte. Cependant, dès l’indépendance politique acquise, la cessation des contraintes extérieures put laisser subsister de discrets foyers du culte dans certains villages de brousse. Ainsi, la tradition n’est donc pas complètement éteinte et subsiste encore dans certains endroits où elle semble se perpétuer: les reliquaires traditionnels y sont toujours utilisés à certaines occasions par des officiants qui les cachent soigneusement.

L'Art Kota

Chez les Kota, ces figures ont atteint un degré de stylisation et d’abstraction étonnant. Elles présentent une particularité: le cuivre et le laiton, sous forme de placages, entrent systématiquement et largement dans la composition de tous ces objets. En mettant un peu à part les Mbumba-Bwiti Masango qui se distinguent très nettement des autres par la réduction de la taille du visage et l’allongement relatif du cou, les figures de reliquaire Kota se caractérisent par un visage extrêmement stylisé souvent traité à plat. Le traitement en relief des figures (en ronde bosse ou semi-ronde bosse) ne se manifeste que dans quelques sous-groupes stylistiques ne représentant qu’environ un tiers du total de ces objets de culte et semblant plus tardifs.
La face est toujours prolongée vers le bas par une sorte de manche en forme de losange orienté dans le même plan que le visage pour l’ensemble des figures; uniquement chez les Mahongwé, cette structure a plutôt la forme d’un ovale s’inscrivant dans le plan perpendiculaire à celui de la face. Ce manche était normalement assujetti aux reliques.

L"Art dit Kota" au sens large

Il regroupe des ethnies aux diversités bien marquées mais se caractérisant toutefois par une forte identité linguistique et culturelle. On distingue les sous-groupes suivants:

  • Au nord: les Bakota (Kota au singulier), Mahongwé, Shaké, Ndambomo, Shamaye.
  • Au sud: les Obamba (Mbédé) , Mindoumou, Bakanigui, Bawumbu, Mindassa, et Bakélé. Les Obamba, principaux représentants du groupe Mbédé, ne se reconnaissent pas pour Kota. Mais, sur le plan de l’art Kota au sens large, il s'agit de groupes ethniques présentant de nombreuses similitudes dans leurs origines, leurs langues et ayant en commun de pratiquer un culte des ancêtres avec des figures de reliquaire plaquées de cuivre.
  • Au sud-ouest de Lastoursville, les Masangone ne sont pas directement apparentés aux Kota. Bien qu’ils se démarquent nettement par leur taille et leur allure des autres figures kota, il n’en reste pas moins que leurs Mbumba conservent des similitudes très nettes: visage recouvert de lamelles de cuivre, long cou prolongé par une structure en losange.